Analyse comparée des projections du GIEC, de l'État et des assureurs
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat définit les "règles du jeu" physiques. Ils ne parlent pas d'argent, mais d'habitabilité.
C'est le scénario "Fossile". Si nous ne changeons rien, nous atteignons +4°C à +5°C mondial en 2100. Pour une commune française, cela signifie des zones littorales submergées et des étés mortels.
C'est le scénario intermédiaire et qui suit la tendance actuelle d'adaptation. Au niveau mondial, il mène à environ +3,6 °C, ce qui se traduit mécaniquement par un +4 °C sur le territoire français. C'est déjà un monde où l'événement centennal devient décennal .
Scénario équivalent à la TRACC
Ce scénario prévoit un réchauffement d'environ +2,7 °C (fourchette probable entre 2,1 °C et 3,5 °C) à l'horizon 2100.
Pourquoi votre assureur semble-t-il parfois minimiser le risque dans ses discours, tout en augmentant vos primes ?
Comparaison de la projection de l'augmentation des coûts/risques à horizon 2050 selon les sources.
Leur projection : Doublement des sinistres (+93%) d'ici 2050.
L'analyse critique :
Cette vision est jugée conservatrice. Pourquoi ?
1. Leurs modèles s'appuient beaucoup sur l'extrapolation du passé (statistiques).
2. Ils intègrent mal les "points de bascule" (effondrement simultané).
3. Ils attribuent une part très (trop ?) importante à "l'augmentation des richesses" pour expliquer la hausse, minimisant parfois la violence pure du climat futur.
Leur projection : Hausse de la fréquence des pertes majeures.
La force du modèle :
La CCR dispose des données de TOUS les sinistres français (grâce au régime CatNat).
Leur modèle Météo-France croisé avec la vulnérabilité du bâti montre une explosion spécifique de deux périls :
1. La Sécheresse/RGA (coût x3).
2. Les inondations par ruissellement hors-fleuve.
L'Initiative Financière du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (UNEP-FI) porte un regard mondial et financier très dur.
L'ONU alerte sur le fait que l'assurabilité va reculer plus vite que le climat ne change. À mesure que les risques augmentent, les assureurs se retirent. La différence entre "les dégâts réels" et "les dégâts remboursés" va exploser. C'est ce fossé que la commune devra payer sur ses fonds propres.
L'UNEP-FI prévient : dans un monde à +4°C, l'assurance privée traditionnelle disparaît pour de nombreux actifs. Seules les entités ayant investi dans une adaptation radicale resteront couvertes.